24 janvier 2022

Sanctuary – Resilience

Pour inaugure ce site, je vais parler de l’album Resilience, du groupe Sanctuary.

Sanctuary, c’est un groupe monté en 2006 dans la région parisienne par 3 frangins : Antoine à la guitare et au chant, François au clavier et choeurs et Julien à la batterie. La musique qu’ils jouent, c’est la musique qu’ils aiment, directement tirée de leur culture musicale : du violent, du rapide, du trash, de l’extrême quoi. C’est le black métal qu’ils choisissent, mélodique pour être précis. Ils citent eux même Cradle of Filth, Dimmu Borgir ou Children of Bodom en référence et ça, c’est indéniablement la classe. Alors ils commencent à composer et embauchent leur cousin à la basse. En 2008, c’est le début des concerts.

En 2011, après 3 ans de concerts ils semblent faire un break. Break très certainement nécessaire car depuis, c’est l’essor du groupe. En 2013, ils embauchent leur nouveau bassiste Sonny, toujours là aujourd’hui. Ils font des concerts, composent et 3 ans plus tard, en 2016, enregistrent et sortent leur premier EP Beyond the Divine. (Je me permets un aparté ici : Sanctuary n’est clairement pas là pour l’argent. C’est bien s’ils en gagnent et je vous invite à acheter leurs productions, mais ils mettent gracieusement leur musique sur youtube et ça c’est beau. Quel meilleur moyen de véhiculer la musique que l’offrir à qui veut l’entendre ?) Bref, cet EP est disponible ici. Nous sommes le 3 octobre 2016. Sanctuary prend de l’assurance et un peu plus d’un an plus tard, début janvier 2018, les frangins (et Sonny ne l’oublions pas) sortent leur premier clip, issu de Beyond the Divine. Ils choisissent alors Overdeus, titre épilogue de l’EP, où on les voit interpréter le titre en live.

Le groupe gagne en confiance et en maturité. Courant 2018, ils tentent leur chance au Headbang Contest : un tremplin avec 30 groupes au départ. Après 9 concerts, ils ne sont plus que 6 et Sanctuary est toujours dans le coup. Reste un unique concert où 2 groupes gagneront le précieux sésame : une scène au Motocultor Festival 2018. Qui n’aimerait pas partager la programmation avec Cannibal Corpse, Behemoth, Ultra Vomit ou encore Sepultura ? Malheureusement, les frangins loupent le coche de peu et c’est les groupes Serenius et Dead Bunny Bones qui iront jouer à Vannes.

Il ne faut surtout pas croire que ça décourage nos frangins qui dans la foulée, décident de sortir leurs anciennes compositions et d’en faire un premier album. Le 2 juillet 2018 sort Le Choix du Mal, lui aussi disponible entièrement sur youtube : ici. A peine 2 mois plus tard, et après 12 ans de bons et loyaux services, François n’a vraisemblablement plus le temps de s’investir comme il le faudrait. Alors il quitte le groupe (en bons termes) et c’est Luc qui le remplace. Il ne restera que quelques mois mais la base dure du groupe reste soudée : elle continue à faire des concerts et avance, sûrement inconsciemment au départ, vers son deuxième album, Resilience qui est justement l’objet de ma première publication.

Le 27 novembre 2020 est donc sorti Resilience. Je tombe dessus un peu par hasard, je me lance dans l’écoute et là, c’est la claque. Vous pouvez laisser cet article en pause et découvrir cette petite bombe

La pochette de l’album est une photo ambiance très black métal mais c’est un piège dans lequel il ne faudrait pas enfermer nos 3 compères : c’est beaucoup plus que du black métal. J’ai lu à gauche à droite qu’ils faisaient de death métal blackmétallisé (Blackened Death Metal), mais je ne suis pas d’accord non plus. Alors que font-ils ? Que sont-ils ?

Ce sont des conteurs car Resilience a un fil conducteur. L’album raconte une histoire, avec un début, un déroulement et une fin. Regardons un peu les titres de l’album :

  • At the Gates of Dementia (Aux portes de la démence)
  • Mental Battlefield (Champ de bataille mental)
  • Ghosts (Fantômes)
  • Rise of the Unpossessed Self (Montée de l’impossession de soi même – un peu difficile à traduire)
  • From the Depths (Depuis les profondeurs)
  • I, the Resilient (Moi, le résilient)
  • Where the Man Shines (Où l’homme brille)

A la simple lecture de ces titres aux noms évocateurs, on saisit la cohérence de l’album. Non Sanctuary n’a pas écrit des chansons au hasard et au fil du temps pour les caler dans un album. Non. Ils ont écrit une histoire et s’apprêtent à nous la raconter. A leur manière. Alors écoutons.

Après 40 secondes d’introduction, où on sent la pression monter petit à petit, ça part fort, très fort. Puis Resilient n’aura de cesse que nous faire voyager, avec lui dans son introspection mentale. On part du black métal certes, mais on évolue vers le death. Puis on revient au black. Oscillant entre 5 et 7 minutes, chaque morceau évolue intensément, avec son identité propre mais toujours en quête de servir l’histoire. Un morceau au service du tout. Ils prennent le temps de faire des pauses aussi. Laisser souffler l’auditeur pour mieux le (re)surprendre? Je pense à notamment à Mental Battlefield qui ralentit une quarantaine de secondes pour reprendre avec une guitare digne des grands noms du Heavy Metal. Sur Ghosts, un piano angoissant montre à quel point ce chemin dans les méandres mentales du protagoniste est sinueux. Il y en aura presque pour tous les goûts : des riffs ravageurs et puissants, des mélodiques symphoniques et surtout, un chant toujours juste, presque millimétré. Il est ô combien difficile de tenir une voix de la sorte et Antoine s’en sort avec brio. Quelques passages acoustiques au passage et l’album se conclut sur une note douce et d’espoir. Notre histoire s’arrête ici et la conclusion musicale un peu jazzy semble nous indiquer que notre protagoniste aperçoit une lumière au bout du tunnel.

Bref, vous l’avez compris, une très belle surprise pour moi que la découverte de cet album. J’espère qu’il vous plaira également.

A demain !

Resilience, par Sanctuary
Sortie le 27/11/2020 chez Ellie Promotion
Enregistré au studio Henosis

Un morceau en particulier : Ghosts

Sanctuary c’est :
– Antoine Dumortier : voix / guitare
– Julien Dumortier : drums batterie
– Sonny Bellonie : basse
– Axel Hurard (en session) : claviers

Retrouvez le groupe Sanctuary sur les différents réseaux :

Pour écrire cette page, j’ai lu les articles et interviews de Métal au Mans, ZicaZic et les réseaux sociaux du groupe

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