12 juin 2021

Phil Campbell and the Bastard Sons – We’re the Bastards

Los Angeles, 28 décembre 2015, la planète Rock vient tout juste de s’effondrer. Ian Fraser Kilmister dit Lemmy Kilmister, fondateur légendaire du groupe Motörhead est parti au paradis des rockeurs une bouteille de Jack Daniels, laissant derrière lui une communauté sous le choc, totalement abasourdie. Le lendemain, le batteur du groupe, Mikkey Dee annonce la dissolution du groupe. Dissolution plutôt logique quand on sait que Lemmy était le membre fondateur et seul membre permanent. Il était l’âme et raison de vivre du groupe. L’arrêt forcé du groupe met au chômage deux musiciens talentueux : Mikkey Dee le batteur et Phil Campbell le guitariste. Quand on a autant de talent et qu’on a servi Motörhead plus de 25 ans, on rebondit vite. Mikkey va devenir en 2016 le batteur des légendaires Scorpions pour remplacer James Kottak. Phil Campbell ne va pas mettre bien longtemps à rebondir non plus.

Pochette du premier EP du groupe

Phil est marié depuis des décennies et a 3 fils : Todd, Dane et Taylor. La nature est ainsi faite : si l’un de vos parents est musicien dans un groupe de rock légendaire, les chances que vous deveniez musicien à votre tour augmente grandement. Et c’est ce qu’il s’est produit : Todd joue de la guitare, Dane de la batterie et Tyler de la basse. Quelle belle répartition. On tiendrait presque un groupe. Il se trouve justement que les frangins ont un pote de longue date, Neil Starr, qui est chanteur et lors des pauses de Motörhead, ils ont fait des petites sessions musicales avec Phil et deux ou trois concerts, par ci par là, en jouant principalement des reprises de Motörhead. C’est une expérience qui a plu à tout le monde à plusieurs reprises alors quand Lemmy est parti, c’est naturellement que Phil a pensé officialisé le groupe avec ses fils. Et Neil. Mais comment l’appeler ? Jusqu’à présent, c’était Phil Campbell’s All Starr Band. Oh tiens, une idée, une BONNE idée : Phil Campbell and the Bastard Sons. Et très vite, le groupe sort un EP du même nom. Beaucoup l’attendait au tournant, en pensant à un Motörhead bis. Et bien non, le groupe a su proposer un hard-rock qui lui ressemblait et a commencé à forger son identité. Et est parti en tournée européenne en assurant les premières parties des Guns N’ Roses ou Saxons, entre autres.

Le groupe sort un EP live en 2017, Live At Solothurn, puis retourne vers la composition afin de pouvoir jouer plus de leur propre répertoire et moins de reprises. Motörhead était productif, Phil est habitué. Le 26 janvier 2018 sort The Age of Absurdity. Le groupe prouve qu’il en est réellement un. Tel Dave Grohl après le suicide de Kurt Cobain, Phil Campbell rebondit avec brio et récolte les honneurs. L’album reçoit de très bonnes critiques et justifie l’énorme tournée européenne du groupe. Après tout, Motörhead aussi tournait énormément. En 2019, Phil sort un album, solo cette fois, Old lions still roar. Cet album a été enregistré au compte goutte depuis 2016. Le guitariste a fait appel à de très nombreux invités (Joe Satriani, Chris Fehn, Alice Cooper, Rob Halford, etc.) et le rendu a été plus que convaincant. Le groupe, lui, continue de multiplier les dates mais tout s’arrête brusquement – comme partout – en mars 2020 avec la COVID-19. Phil et ses « Bastards sons » n’entendent pas pour autant se la couler douce et peaufinent les compositions qui ont vu le jour en tournée. Ils en composent d’autres. Confinement oblige, les membres répètent en visio et enregistrent séparément, sans se voir. Le 4 septembre, le groupe annonce officiellement la sortie d’un nouvel album.

Le 13 novembre 2020 sort We’re the Bastards et selon moi, c’est clairement une réussite. Difficile d’être totalement objectif pour parler de cet album tellement on tape dans le mille : c’est clairement ma came. L’album comporte 13 titres pour 53 minutes. Plus qu’honnête. La pochette est un dessin de Phil et ses « Bastards sons » réalisée par Matt Riste. L’écoute commence par le titre éponyme We’re the Bastards (clin d’œil à We are Motörhead ?) et explique clairement le topo : on est là pour faire du hard rock ! Tous les codes sont extrêmement bien repris : les riffs sont ravageurs, la batterie donne un tempo qui vous oblige à bouger la tête durant toute l’écoute, Neil Starr chante des refrains qu’on chante avec lui, Phil se laisse aller à des solos enivrants. La basse est omniprésente, et sans ternir l’identité propre au groupe, rappelle fortement Motörhead, comme par exemple sur Son of a gun. On ira faire un petit tour du côté du blues rock avec Born to Roam et son riff des plus plaisants. Sans le vouloir, vous souriez à son écoute (je souris à son écoute ?). Le blues ne sera pas en reste non plus sur Desert Song, son harmonica et sa guitare lancinante. Animals va avoir un rythme très puissant et va nous ramener encore une fois à Motörhead. On va enchaîner en mode Hard-Rock jusqu’à Destroyed et son côté punk. Enfin, Waves conclut l’album avec une piste de 7 minutes pour une ballade rock-song captivante.

Clip de We’re the bastards

C’est un très grand OUI pour cet album. J’ai bien conscience qu’il ne révolutionne rien du tout mais c’est tellement bien fait… On sent que la composition et l’enregistrement ont été soignés et que rien n’a été laissé au hasard. Rien n’est à jeter dedans et Phil a (encore) prouvé qu’après plus de 35 ans le monde du Hard-Rock, il faut compter sur lui car visiblement, il lui reste plein de choses à nous dire. Il fait figure pour moi de véritable taulier et a pondu, avec l’aide précieuse de ses Bastards sons l’un des meilleurs albums de Hard-Rock de l’année. Espérons qu’ils soient toujours autant productifs et qu’ils sortiront un troisième album.

A demain !

We’re the Bastards, par Phil Campbell and the Bastard Sons
Sortie le 13/11/2020 chez Nuclear Blast

Un morceau en particulier : Born to Roam

Phil Campbell and the Bastard Sons, c’est :
– Neil Starr : voix
– Todd Campbell : guitare
– Dane Campbell : batterie
– Tyler Campbell : basse
– Phil Campbell : guitare

Retrouvez le groupe Phil Campbell and the Bastard Sons sur les différents réseaux :

2 réflexions sur « Phil Campbell and the Bastard Sons – We’re the Bastards »

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