26 juin 2022

The White Stripes – Greatest Hits

8 années se sont écoulées entre le premier album des Whites Stripes (album éponyme en 1999), et le dernier, Icky Thump en 2007. Comptez 5 ans de plus, soit 13 années entre Icky Thump et leur Greatest Hits. Il y aura eu certes Under Great White Northern Lights, album live sorti en 2010, mais il a été enregistré pendant la tournée de 2007. Autant dire que ce best-of n’a pas été fait à l’emporte pièce mais est une production travaillée et mûrement réfléchie. 23 ans après sa création, le groupe résume ici sa brève histoire et cette belle histoire commence par une histoire d’amour. A Détroit, en 1994, Meg White fait la rencontre de John Gillis qui se fait appeler Jack. Jack est musicien et joue de la batterie dans le groupe Goober and the Peas. Les deux tourtereaux tombent amoureux et se marient en 1996. C’est Jack qui prendra le nom de Meg et non l’inverse. C’est ainsi que John Gillis est devenu Jack White. Jack continue à jouer dans des petits groupes et en 1997, Meg commence l’apprentissage de la batterie. C’est une révélation pour elle. Un mois après ses débuts, le couple donne déjà son premier concert. Pour cela, il faut un nom de groupe et il prendront celui de la couleur des bonbons préférés de Meg : The White Stripes. Une chanson sur le sujet viendra plus tard. Ils multiplient les concerts et en 1998 font la connaissance de Dave Buick, patron du label local de rock garage Italy Records. Ensemble, ils vont publier deux singles : Let’s Shake Hands puis Lafayette Blues. La machine est lancée et les White Stripes bossent sérieusement sur la composition de leur premier album.

En mars 1999, sort le single The Big Three Killed My Baby puis le 15 juin de la même année, sort l’album éponyme The White Stripes. La recette est la même : Meg joue de la batterie, Jack joue de la guitare et chante. Visuellement, ils décident de s’en tenir aux bonbons de Meg : en rouge avec des lignes blanches. Parfois l’inverse. L’album tiré dans un premier temps à peu d’exemplaires n’attire pas encore le regard des critiques qui arriveront 2 à 3 ans plus tard, en même temps que la sortie européenne de l’album et sa réédition américaine. L’album est un mélange de blues rock et de rock garage. A noter que les 2 singles sortis en 1998 (Let’s Shake Hands et Lafayette Blues si vous êtes perdus) n’apparaissent que dans la version japonaise de l’album. En même temps que les concerts, le groupe commence déjà à enregistrer son deuxième album. Et le groupe, bien que marié, se présente au public comme frère et soeur.

Concert des White Stripes en 1999

En mars 2000, un an après la sortie du premier album, le couple divorce. Jack y devine la fin du groupe et commence à recruter des musiciens pour assurer la fin de la tournée. Meg convainc Jack que leur relation amoureuse ne doit pas influer sur le groupe. Ils assurent alors la fin de la tournée et finissent l’enregistrement de l’album suivant. Le 20 juin 2000, pour fêter mes 17 ans, le groupe sort son deuxième album De Stijl. Comme le premier opus, cet album n’obtient une grande visibilité et même si un noyau de fans commence à se constituer, les White Stripes n’attire pas l’attention du grand public. Et à l’inverse du premier album, le single Hello Operator sortira presque un an après l’album. Un peu tard pour une promo. Mais le groupe est content ainsi et continue son petit bonhomme de chemin en composant le troisième album. Et Meg et Jack ne le savent pas encore, mais leur vie s’apprête à basculer.

En février 2001, le groupe enregistre l’album en à peine 4 petits jours. Puis le 3 juillet de la même année sort White Blood Cells. Comme les 2 premiers albums, peu de visibilité. Le peu de retour est néanmoins élogieux. En novembre, ils sortent le premier single de l’album et accessoirement le tout premier clip du groupe, Hotel Yorba. Malgré la promotion du single et sa distribution chez les disquaires, toujours aucun engouement pour le groupe. Ils commencent également l’enregistrement du 4e album. Quelle productivité !

Le 23 avril 2002, 9 mois après la sortie du 3e album, le groupe sort un deuxième single Fell in Love with a Girl. Rien ne sera plus jamais pareil pour le groupe. Le clip (le premier réalisé pour le groupe par Michel Gondry) passe en boucle sur MTV, et la chanson passe sur toutes les radios rock. Alors les gens découvrent l’album qui est réédité pour bénéficier d’une meilleure distribution. Les 2 premiers albums sortent coup sur coup en Europe. Les critiques sont élogieuses et dithyrambiques. Les Royaume-Unis se les arrachent. Fin août 2002, les MTV Music Awards. Le clip de Fell in Love with a Girl remporte 3 trophées. Le groupe devient aussitôt adulé également aux USA. L’album se vend au final à plus de 500 000 exemplaires. Et le groupe a déjà enregistré son 4e album. Tout va pour le mieux.

Le 7 mars 2003, le groupe sort un premier single, Seven Nation Army et 3 semaines plus tard, sort l’album Elephant. C’est la consécration. Le single, déjà, a dépassé la notoriété du groupe. L’air du titre est mondialement connu et est définitivement rentré dans la culture populaire. Même si les gens ne connaissent ni le nom du groupe ni de la chanson, tout le monde connaît la célèbre ligne de basse (qui est jouée sur une guitare, le talent de Jack White quoi) mi-mi-sol-mi-ré-do-si, traduite dans les stades ou autres manifestations par POOOW-POW-POW-POW-POW-POOOOW-POW. Le titre est scandé un peu partout et repris par de nombreux groupes. L’album quant à lui est un véritable succès critique et commercial. Personnellement, il fait clairement partie de mon top 10 des meilleurs albums de rock EVER. Pour moi, c’est que des tubes et j’ai toujours trouvé dommage que beaucoup le résument à Seven Nation Army alors qu’Elephant, c’est beaucoup plus que ça. Il se vend à plusieurs millions d’exemplaires et remporte de nombreux prix dont deux très prestigieux Grammy Awards. Après une tournée mondiale triomphale, le groupe repart en studio.

Le clip hypnotique de Seven Nation Army

Bénéficiant dorénavant d’une très forte notoriété, le groupe est attendu au tournant. Il sort le 30 mai 2005 le single Blue Orchid, puis une semaine plus tard sort leur 5e album Get Behind Me Satan. Toujours proche du rock garage et du rock blues, cet album va néanmoins devenir un peu plus expérimental, laissant libre cours aux envies de Jack : inclusion du piano et d’un marimba par exemple. Les fans, comme la critique, sont un peu mitigés. L’album est néanmoins un succès, se vendant à près d’un million exemplaires, juste aux Etats-Unis. Et il va lui aussi gagner un Grammy Award. Ce besoin d’expérimenter de nouveaux territoires va donner de nouvelles idées à Jack. Un soir de bœuf musical avec son ami Brendan Benson, ils vont composer la chanson Steady, as she Goes et créer dans la foulée le groupe The Raconteurs avec les renforts de leurs amis Jack Lawrence et Patrick Keeler. Ils sortiront un album l’année suivante, Broken Boy Soldiers. Mais cela n’affecte pas pour le moment la créativité des White Stripes qui partent enregistrer leur 6e album en février 2007.

En avril 2007 sort le single Icky Thump puis en juin le single Rag and Bone. Une semaine plus tard, le 15 juin 2007, sort le 6e album des White Stripes, du même nom que le premier single : Icky Thump. La critique reste élogieuse et l’album reçoit de très bons commentaires des presses spécialisées et généralistes. Et au passage, accroche encore un Grammy Award. Le groupe part alors en tournée pour présenter l’album. Mais Meg fatigue de plus en plus et ne supporte pas cette surmédiatisation. Elle subit des crises de stress et d’angoisse de plus en plus violentes et le groupe annule toute la fin de sa tournée. Mis au repos forcé, Jack réenregistre un album avec les Raconteurs et créé au début de l’année 2009 un autre groupe, The Dead Weather, avec Jack Lawrence, son compagnon des Raconteurs mais aussi de Dean Fertita (Queens of the Stone Age) et Alison Mosshart (The Kills). Jack avait annoncé un album pour les White Stripes pour l’été 2009 mais celui-ci ne semble pas pointer son nez.

En 2009, sort un documentaire de la tournée canadienne de 2007, puis le live de cette tournée sort en mars 2010 et s’intitule Under Great White Northern Lights. Il est bien reçu également par la critique et permet aux gens de se rendre compte de la puissance du groupe en live, à seulement 2 membres. Ce sera la dernière production du groupe en tant que groupe actif. En effet, d’un commun accord, Meg et Jack décident de mettre fin au groupe et l’annoncent au monde le 2 février 2011. Ce n’est pas vraiment un coup de tonnerre tant l’absence de Meg sur la scène médiatique était flagrante. Mais le groupe a marqué les esprits et gravé son nom dans l’histoire de la musique. Le magazine Rolling Stone le classera 6e duo le plus emblématique de la musique. Puis, quelques années plus tard, en 2020, les White Stripes annoncent la sortie prochaine d’un best-of. Album rétrospectif ou simple best-of destiné à faire des ventes ? Personne ne le sait encore vraiment mais une vidéo inédite est publiée 2 mois avant l’album, un live de 2003 au Japon, avec le formidable morceau Ball and Biscuit. Perso, ça me donne super envie.

Et le 4 décembre 2020 est sorti l’attendu Greatest Hits. 26 titres pour 1h20 de souvenirs musicaux. La pochette montre l’ex-couple en voiture, serein, prêt à prendre la route. Jack regarde dans le rétroviseur. Symbolique importante et l’on sent que le regard vers le passé sera définitivement nostalgique. Une légende accompagne la pochette : « My sister thanks you and I thank you ». Je trouve ça beau. Ils ont quitté le groupe rapidement et n’ont pas pris totalement le temps de remercier le public. Maintenant, ils le prennent. L’écoute commence avec Let’s Shake Hands, leur tout premier single. Et déjà, il y avait la patte White Stripes. Puis le troisième single. Puis c’est parti pour un enchaînement de tubes. Difficile de trouver une logique de placement des titres. Hormis les deux premiers morceaux, il y a un côté aléatoire indéniable. On prend beaucoup de plaisir à écouter l’album. On se laisse surprendre par les changements de ton parfois surprenants. Pour les fans, on a des pensées nostalgiques « ha oui c’est vrai, c’était trop bien ça ». On se rend compte que ça faisait longtemps qu’on avait pas réécouter ce groupe. Et ça s’enchaîne, il y a peu d’oublis : Fell In Love With a Girl, The Hardest Button to Button, We’re Going to Be Friends, I  Just Don’t Know What to Do With Myself, etc. Sans oublier les plus expérimentales mais qui reflètent bien l’état d’esprit du groupe : Conquest, Apple Blossom ou encore I Fought Piranhas. Il n’y a pas d’oublis. Enfin si : moi j’aurais bien aimé Black Math. Mais bon, à ce rythme là, ils auraient dû tout mettre. L’écoute se finit avec le légendaire Seven Nation Army et on ne peut s’empêcher de se dire « Putain ! Qu’est-ce que c’était bien les White Stripes ! »

A demain !

Greatest Hits, par The White Stripes
Sortie le 04/12/2020 chez Third Man Records

Les White Stripes, c’était :
– Meg White : batterie
– Jack White : voix, guitare

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Une réflexion sur « The White Stripes – Greatest Hits »

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