19 mai 2021

The Electric Soft Parade – Stages

Si The Electric Soft Parade était un film, il s’appellerait assurément La Vie n’est pas un Long Fleuve Tranquille

The Electric Soft Parade, c’est surtout l’histoire de deux frères, Thomas et Alex White (rien à voir avec les Stripes), originaires de Brighton, Angleterre. La musique, ils sont tombés très tôt dedans, apprenant dès le plus jeune âge de nombreux instruments. A peine adolescents, ils créent en 1997 leur premier groupe Fixed Ascent, accompagnés de leur ami Alistair Gavan. Très sérieux dans leur approche, ils auto-enregistrent un album I Am Lost. Thomas, 13 ans chante et joue de la guitare. Alex, 15 ans, assure la partie basse et une deuxième guitare. Alistair joue de la batterie. L’année suivante, ils changent de nom pour The Feltro Media. Prolifiques, ils auto-produiront 3 albums entre 1998 et 2000. Ces productions font parler d’elles et les frangins sont approchés par DB Records, un petit label anglais. En signant avec, ils changent une nouvelle fois de nom. Il faut désormais les appeler The Soft Parade. Un single (Silent to the Dark) est publié en 2001 et c’est un carton. Tellement un carton, que le groupe de reprises des Doors, The Soft Parade en entend parler et les menace de leur faire un procès s’ils gardent le nom. Pas de problème, les frangins ajoutent le mot Electric et nous avons le nom final du groupe The Electric Soft Parade.

En février 2002, le groupe publie son premier album Holes in the Wall. Alex et Tom ont assuré eux-mêmes l’enregistrement de toutes les instrus. C’est la consécration pour les frangins. Les critiques sont très bonnes voire dithyrambiques, l’album se vend assez bien et le groupe se voit nominé au Mercury Music Prize et au Best New Act des Q Awards. Ils remportent le second. Puis, ils partent dans une énorme tournée mondiale, jouant partout en Europe mais aussi au Japon ou en Australie. Le groupe profite de la fin de la tournée pour enregistrer la suite de leurs aventures. En octobre 2003, ils publient leur 2e album The American Adventure. C’est un peu la douche froide. Les critiques n’arrivent pas à se mettre d’accord et sont beaucoup plus mitigées. Mais surtout, les ventes ne décollent pas. Entre deux, leur label DB Records a mis la clé sous la porte. Ils ont donc été repris par la maison mère, BMG, qui va tout simplement les virer pour piètres résultats. Not cool BMG, Not cool ! Le groupe ne se laisse pas abattre pour autant et va participer au projet Brakes avec le chanteur Eamon Hamilton. Ils enregistreront 3 albums en 2005, 2006 et 2009. En novembre 2005, The Electric Soft Parade signe avec un nouveau label Truck Records et en profite pour sortir un EP, The Human Body. L’EP oscille entre du rock brut ou du psyché mélodique. Les garçons n’ont pas froid aux yeux et font un gros doigt aux détracteurs « Virez-nous si vous voulez les gars, ça nous empêchera pas de revenir faire ce qu’on veut ». Et c’est ça qu’on aime.

En avril 2007, le groupe sort son 3e album No Need to Be Downhearted. Beaucoup moins médiatique sans leur label d’antan, il passe plus inaperçu que les précédents opus. La presse est mitigée mais ne descend pas l’album. De « grosse tournée mondiale » on passe à « tournée européenne ». En juin 2008, le groupe se met officiellement en pause. Cela laissera du temps à Alex et Tom de se concentrer sur d’autres projets. Thomas notamment publiera 3 albums solos et 2 EPs. Comme un petit coucou pour dire « nous oubliez pas hein » le groupe publie un court EP en 2011, A Quick One EP. Après quelques concerts en fin d’année, il réunit en 2012, toute l’équipe du premier album en studio. Nostalgie quand tu nous tiens. En mars 2013, ils sortent un single Brother, You Must Walk Your Path Alone, annonciateur d’un prochain album.

En juin 2013, sort le 4e album Idiots. Toujours aussi bien produit, le groupe ne réussit pas à obtenir les mêmes succès qu’avant. Après quelques concerts, le groupe se remet en pause. C’est à cette période que les frères White ont vécu l’immense tristesse de perdre leur maman. Puis, en 2018, ils décident de revenir sur le devant de la scène et de publier un 5e album. Ils veulent une liberté totale alors ils décident de l’autoproduire. Vu l’immense coût que cela représente, le groupe créé au printemps 2019 son projet sur Pledge Music, une plateforme de financement participatif (comme Ulule par exemple). En novembre, l’objectif est atteint, le groupe va pouvoir faire son album. Et là, coup de tonnerre. Pledge Music entre en liquidation judiciaire. Les groupes ne percevront aucun centime. Des milliers de fans lésés, des groupes sur la paille sèche, la période est très compliquée. Mais le groupe a déjà encaissé des coups dans sa carrière, il ne veut pas, il ne doit pas se laisser abattre. Alors il fait des calculs, travaille sans relâche et va finalement réussir à accoucher d’un 5e album, dans la douleur. En septembre, il publie son premier single Roles Reversed, majestueux. Jugez par vous même :

Le 10 janvier 2020 est sorti l’album Stages. 7 titres pour 58 minutes. Des longs morceaux de la part d’un groupe comme TESP, c’est forcément bon signe. L’écoute commence avec Saturday, ballade mi-pop mi-jazz. La sauce monte tout au long de la piste et on a des frissons à la fin de la chanson. Never Mind est juste magiquement progressive. Un chef d’œuvre de 7 minutes 30 où les cuivres viennent s’ajouter une dominante piano, un gros riff de guitare en arrière plan et une batterie qui tape de plus en plus fort. C’est incroyable. La piste se finit et on se demande ce qui vient de se passer. Du grand GRAND ART. The Bargain fait un peu retomber la sauce pour mieux repartir sur Left Behind. On repart sur du progressif avec une piste de 12 minutes, On Your Own, qui commence tout calmement pour se diriger vers un merveilleux melting-pot instrumental . L’écoute se finit sur la ballade Fragments qui vient un peu calmer les esprits.

Quel album ! Je me souviens très bien de la première fois où je l’ai écouté. J’ai fini l’écoute sur un « WOW ». Les frères White prouvent qu’ils n’ont en fait rien à prouver. Ils savent parfaitement jouer la musique qui leur plait et c’est pas à un label, voire au public de décider. Ils ont livré un album puissant, qui leur a permis de déballer tout ce qu’ils avaient sur le cœur. La Covid est venu mettre un énorme frein aux projets de tournées mais j’espère que ce n’est que partie remise pour 2021. Je serai là !

A demain !

Stages, par The Electric Soft Parade
Sortie le 10 janvier 2020 chez Chord Orchard

Un morceau en particulier : Never Mind

The Electric Soft Parade, c’est :
– Alex White : un peu tout
– Thomas White : ben un peu tout aussi

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