20 avril 2021

Babylon Circus – State of Emergency

Après 7 ans d’absence, le groupe revient fêter ses 25 ans en musique

Babylon Circus, groupe de musique, collectif ou troupe de cirque babylonienne ? C’est en tout cas et avant tout une bande de potes de Lyon qui a créé l’entité Babylon Circus il y a 25 ans, en 1995. Leur but ? Répandre la joie et la bonne humeur. Pour cela, tous les copains mettent leurs influences respectives en commun : ska, reggae, rock, jazz, etc. Après tout, pourquoi s’embêter à suivre un style quand on peut tout mélanger. Les 2 chanteurs, Manuel et David maitrisent le français et l’anglais et vont s’en servir pour leurs compositions. Dès 1996, le groupe autoproduit une démo appelée sobrement Demo N°1. L’habile mélange des styles plaît, surtout en concerts où leur grand nombre sur scène (au moins 9) rend l’évènement vraiment festif. Dès l’année suivante, en 1997, toute la bande enregistre son premier album, Musika. Le groupe tourne en France pour promouvoir ce premier opus et se construit petit à petit une solide réputation de scène. Le bouche à oreille bat son plein et de plus en plus de monde vient voir le Babylon Circus en concert. En 1999, le groupe sort un EP, Tout va bien. Il va ensuite signer avec le label Small Axe et publier un 2e album en 2001, Au marché des illusions. Les textes sont davantage en français et le public prend plus conscience de la puissance des paroles. Cela a en tout cas été vrai pour moi car c’est à cette période là que je les ai connus. Le groupe continue de multiplier les dates et s’exporte même à l’étranger.

3 ans plus tard, en 2004, Babylon Circus signe avec le label Yelen Musiques et publie son 3e album, Dances of Resistance. La recette reste la même : une ribambelle d’influences, des textes bien écrits, de la bonne humeur. Véritable consécration pour le groupe qui tourne désormais dans toute l’Europe. Désireux de découvrir de nouveaux chemins, les membres vont créer en 2007 le Babylon Circus Experience. Le concept est de diviser le Babylon en trois : Dirty Babylon Breaker, WWW et PlayTime. Ensemble, ils repartent faire une tournée européenne avant de se concentrer sur la suite de leurs aventures : un 4e album, celui de la discorde. La Belle Étoile sort en mars 2009. L’album est un peu plus orienté Chanson Française que les précédents opus. R-Wan (Java) et Mickaël Furnon (Mickey 3D) participent à l’écriture et Karina Zeviani y fait un featuring. Cet album est plus pop et a déçu beaucoup de monde, surtout les fans de la première heure et paradoxalement, c’est mon préféré, de très loin. Je prends n’importe qui à N’oubliez pas les paroles sur n’importe quelle chanson de l’album. Le groupe défend l’album un peu partout et continue d’écumer les festivals européens. Dont une date mythique au Pinkpop Festival 2012 où le groupe ne parvient plus à chanter après La Cigarette après l’amour tellement le public est chaud bouillant.

En 2014, un 5e album : Never Stop. La discorde continue et le groupe « change » d’auditoire. Beaucoup d’anciens s’en vont et de nouveaux arrivent. J’ai lu à gauche à droite qu’on leur reprochait d’avoir perdu leur verve d’antan, de se lisser un peu. Le style des paroles est comparé à celui de Tryo ou Boulevard des Airs. Puis, le silence radio. Jusqu’à novembre 2019 où Babylon Circus sort de son sommeil avec un single, Monster, et un album prévu pour fêter en grandes pompes ses 25 ans en 2020.

Comme tout groupe de live qui se respecte, une tournée était prévue pour accompagner la sortie de l’album. Puis 2020 est venu mettre son petit grain de sel avec la COVID-19. La sortie a été repoussé et c’est finalement le 18 septembre 2020 qu’a été publié le 6e opus de Babylon Circus, State of Emergency. Impossible de choisir un meilleur titre vu les circonstances actuelles. 13 morceaux sur cet album. Le groupe semble être devenu un aficionado des featurings car il n’y en a pas moins de 5 sur le disque. L’écoute commence par le single Monster où le groupe expérimente : de l’electro, des voix saturées sur les refrains. C’est puissant, à la croisée du rock, de la dub et un peu du blues. Babylon Circus semble avoir gardé la même recette : on prend ce qui nous plait, et on mélange. Sur Cuckoo, je retrouve un Babylon Circus des grands soirs. Le morceau est énergique, a sa petite ligne de guitare très facilement identifiable et laisse la place belle aux cuivres en mode electro/swing. Les oiseaux de passage est sublime, délicat et subtil. Direction ensuite l’Amérique Latine, tant dans le titre que dans le style, avec Rio Grande. Le chant de David sur Degeneration me rappelle celui de L’envol sur la Belle Étoile. Ben l’Oncle Soul vient sur ce morceau y apporter la touche de délicatesse appropriée. Tu n’écoutes même pas vient vous mettre le Lalalala du refrain dans la tête, Easy est LE morceau dub puis on finit l’écoute avec Lettre ouverte en featuring avec Cedric Myton, superbe conclusion d’album avec un avertissement : Qu’on se le dise, rien ne sera plus jamais comme avant.

Super retour de Babylon Circus. J’ai cru pendant cette absence que c’en était fini du groupe. Que nenni. Il nous prouve ici qu’il continue son petit bonhomme de chemin, 25 ans après ses débuts. Il mûrit, il évolue. Surtout, il ne veut pas s’enliser. Mais son âme ne change pas. Depuis le Marché des Illusions, j’ai vu le groupe en concert au moins une fois par album : toujours très festif. Et bien cette année encore, j’ai eu la chance des les voir à Allonnes une semaine après la sortie de l’album. J’avais peur des distanciations sociales et me posais la question : est-ce qu’un concert de Babylon Circus assis avec des masques, ce sera bien ? C’était top. Le groupe avançait également à l’aveugle dans cette aventure, mais s’est donné tant et plus et a rendu cette soirée magique après tout un été sans festivals et une année sans concerts. Longue vie à Babylon Circus !

A demain

State of Emergency, par Babylon Circus
Sortie le 18 septembre 2020 chez Akirira/Wagram Music

Un morceau en particulier : Degeneration

Babylon Circus, c’est :
– Manu
– David
– Jo
– Rimbaud
– Oliv
– Raph
– Yannick
– Clément-

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